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Menus à prix cassés : le vrai bilan nutritionnel et économique

Bienvenue dans la grande foire des « menus anti-crise »: franceinfo a sorti la calculette et la balance, et ce qu'elle a trouvé mérite qu'on s'y attarde au comptoir.

Menus à prix cassés : le vrai bilan nutritionnel et économique

À Orléans, un lundi midi, on vous sert une cuisse de poulet et sa purée de patates douces pour cinq euros. Chez Quick, le menu complet — burger, frites, boisson — passe à 4,95 euros. Bienvenue dans la grande foire des « menus anti-crise »: franceinfo a sorti la calculette et la balance, et ce qu'elle a trouvé mérite qu'on s'y attarde au comptoir.

Cinq euros, le coup de force du chef

Cap sur « Le Martroi », à Orléans, où Stéphan Dezecot a flairé le filon il y a près d'un an. Tous les lundis, son plat unique part comme des petits pains — les couverts du midi ont quasi doublé selon franceinfo. Le coup de feu, ici, c'est de la mise en place millimétrée: 200 grammes de cuisse désossée pesée à la gramme près, une purée où la patate douce coupe avec de la pomme de terre classique — deux euros de moins au kilo — et des négociations hebdomadaires avec le fournisseur pour écouler les viandes en date courte.

En bouche: de la mâche, du jus, de l'umami franc dans la cuisse. On est loin de la gastro moléculaire, mais le fait-maison tient son registre sans rougir. « Je peux pas sortir tous les jours au restaurant, donc me dire que pour 5 euros, [je peux avoir] un plat et [prendre] une petite boisson... Je me fais plaisir », lâche un habitué du comptoir à franceinfo. Pour cinq balles, l'addition est presque insolente — et le chef le sait.

Quick et son menu à 4,95: le coup de bluff?

Passons au fast. La formule petit prix de Quick, présentée par Pierre-Marie Fontana, directeur marketing France: pain carré à la semoule de blé, fromage fondu, oignons, scarole, viande au choix — bœuf, poulet ou veggie. Sur le ticket, la promesse est tenue. Sauf qu'à la pesée, franceinfo a sorti la balance.

Menu à 4,95 euros contre menu équivalent à 8,75 euros dans la même enseigne: 35 cl de boisson dans le premier, 20 cl dans le second; 14 grammes de frites en moins; 59 grammes de burger en moins; un seul steak au lieu de deux. Pain différent, sauce différente, fromage différent. Le menu low-cost compense avec un deuxième burger — plus petit, mais présent. « [Avoir ça pour 4,95 euros], honnêtement, c'est dur de trouver ça ailleurs et super intéressant », souffle un client conquis à franceinfo.

Mon verdict, payé de ma poche: le pain à la semoule est un gimmick de marketing, et quand la sauce change, c'est tout l'équilibre du burger qui s'effondre. Mais trêve de mauvaise foi — pour 4,95 euros, le rapport calorique reste imbattable. La question, c'est combien de temps la chaîne pourra maintenir l'addition sans tirer sur la matière première.

La tendance qui s'impose, mais pour qui?

Les menus à prix cassés se sont imposés dans toutes les grandes chaînes de fast-food en France, rappelle franceinfo. Stratégie durable ou simple pansement sur l'inflation? Le regard américain donne une piste: Restaurant Business observe que les ventes du secteur limité-service, le fast-food, peinent à suivre celles du full-service — la table avec serveur reprend la main, portée par un retour au « vrai » restaurant. La France joue sur les deux tableaux: d'un côté les indépendants qui réinventent le plat unique pas cher, de l'autre les chaînes qui compriment leurs menus en rognant sur le grammage.

Ce qu'il faut surveiller dès la prochaine visite: la qualité de la matière première. Quand un chef pèse chaque cuisse et négocie ses prix, le cinq euros reste une affaire gourmande. Quand une chaîne rogne sur le pain, la sauce et le steak, le quatre-vingt-quinze devient vite un trompe-l'œil calorique. À vous de poser la question du grammage au comptoir — c'est désormais le vrai indicateur de crise.