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Recèto : l'outil d'Eco2chef pour piloter rentabilité et bilan carbone en cuisine

La start-up Eco2chef dégaine Recèto, un outil qui marie coût des ingrédients et impact environnemental, comme le détaille Au cœur du CHR.

Recèto : l'outil d'Eco2chef pour piloter rentabilité et bilan carbone en cuisine

On connaît le refrain: marges écrasées, fluides qui flambent, livraisons à rallonge. Et voilà que le carbone s'invite à l'addition. La start-up Eco2chef dégaine Recèto, un outil qui marie coût des ingrédients et impact environnemental, comme le détaille Au cœur du CHR. Sur le papier, la promesse tient debout: on ajuste une recette au gramme près, et la planète reprend du poil de la bête sans plomber la marge. Pour nous, derrière le comptoir, c'est exactement ce qu'on cherche: un outil qui parle le même langage que le tableau de bord du food truck.

Deux colonnes, un seul écran

Recèto s'appuie sur les factures fournisseurs pour le versant économique, et sur Agribalyse, la base de référence de l'Ademe, pour le versant climatique. Chaque plat hérite ainsi d'un double bilan — euros et CO₂ — qui permet de jouer sur les deux tableaux en même temps. Vincent Dupuis, cofondateur d'Eco2chef, pose le décor: « Pendant des années, les chefs ont appris à surveiller leurs coûts. Désormais, ils doivent aussi pouvoir mesurer l'impact environnemental de leurs assiettes avec la même précision. »

Pour le terrain, ça change quoi? Du concret. Modifier un grammage, troquer un ingrédient, revoir le sourcing — ce sont des microgestes qui, cumulés sur 100 000 couverts annuels, peuvent éviter plusieurs dizaines de tonnes de CO₂ sans toucher à la carte affichée.

Les chiffres annoncés, à passer au grille-pain

Eco2chef avance que ses utilisateurs enregistrent en moyenne 1 % de marge opérationnelle dès la première année, et une réduction de 15 % des émissions de CO₂ par plat. La start-up rappelle surtout qu'en restauration, près de 80 % de l'empreinte carbone provient des ingrédients — bien plus que de l'énergie ou du transport. La végétalisation partielle des recettes serait l'un des leviers les plus efficaces: de 30 à 50 % d'impact carbone en moins sur certains plats, « les choix les plus favorables au climat sont aussi les plus rentables pour l'établissement », glisse Vincent Dupuis.

Attention quand même: ce sont des moyennes communiquées par l'éditeur. Avant de signer, on teste sur sa propre carte, ses propres fournisseurs, ses propres volumes.

Ce que ça coûte, et ce qu'il faut garder en tête

L'abonnement est annoncé à 69 € par mois pour un usage illimité. À ce tarif, l'addition se justifie dès qu'on sert du volume — passé un certain nombre de couverts, le gain de marge absorbe la mensualité. L'outil a été conçu à partir d'un logiciel de gestion forgé pendant quinze ans par le restaurateur avignonnais Emmanuel Robin-Vergez, ce qui n'est pas anodin côté crédibilité côté terrain.

La suite, justement: Recèto prépare l'intégration d'indicateurs biodiversité et impact sur les sols. Vincent Dupuis estime que « l'affichage environnemental des plats est appelé à se généraliser. Les restaurateurs ont besoin d'outils simples pour anticiper cette évolution et transformer cette contrainte en opportunité. » Trois angles à surveiller avant de brancher l'outil sur sa cuisine: fiabilité des bases carbone, dépendance à un abonnement mensuel, et vraie marge de manœuvre sur le sourcing local. Pour un comptoir de street food, c'est souvent là que le jeu se gagne — ou se perd.