Machines à pâtes maison : trois modèles au banc d'essai

Machines à pâtes maison: trois modèles au banc d’essai
Chez le même constructeur, l’Atlas+ 150 Chrome s’affiche à 99,90 € avec une finition chromée. Imperia se place entre les deux avec son iPasta Classic à 94 €, en acier chromé, doté de six réglages et d’une feuille de pâte de 150 mm.
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Voir les offres disponiblesLien partenaire — comparateur DiscoverCarsTrois laminoirs manuels, une différence de prix contenue, puis un changement complet de logique. La Philips Série 7000 HR2665/96 est une extrudeuse automatique: moteur de 200 W, balance intégrée, technologie ProExtrude et dix disques de formes. L’appareil annonce jusqu’à huit portions et un temps de préparation inférieur à dix minutes, selon les conditions de mesure du fabricant.
La question, pour le cuisinier domestique, n’est pas de savoir quelle machine produit « les meilleures pâtes ». Aucun protocole indépendant appliqué aux trois modèles avec des critères identiques ne permet de trancher de cette manière. La vraie question est plus concrète: quel outil correspond à mon rythme de production, aux formats que je veux préparer, à la place disponible dans la cuisine, à ma tolérance au nettoyage et à mon budget d’entrée?
Un laminoir et une extrudeuse ne demandent ni le même geste ni la même pâte. Le premier accompagne une préparation déjà pétrie et laisse l’utilisateur contrôler chaque passage. La seconde prend en charge une partie du processus, mais impose un cadre plus précis pour les quantités et la consistance. C’est ce partage des tâches, plus que la promesse affichée sur la boîte, qui doit guider le choix d’une machine à pâtes fraîche maison.
Laminoirs manuels: l’art du geste avec Marcato et Imperia
Les deux machines reposent sur le même principe. Une manivelle entraîne deux rouleaux qui étalent la pâte en feuille, puis un jeu de couteaux découpe certains formats. Le pétrissage est réalisé en amont, à la main ou avec un robot pâtissier. Le laminoir ne cherche pas à tout faire: il se concentre sur l’abaisse et la découpe.
Cette simplicité explique aussi la nature du geste. Il faut d’abord diviser la pâte, l’aplatir grossièrement, puis la faire passer plusieurs fois entre les rouleaux en réduisant progressivement l’écartement. La farine de travail doit rester mesurée: trop peu, et la feuille colle; trop, et la pâte sèche en surface. La machine aide, mais ne corrige pas une pâte mal équilibrée.
Marcato Atlas 150
L’Atlas 150 existe dans une version Roller en aluminium anodisé et dans une version Chrome à finition chromée. Les deux modèles partagent le même châssis et la même largeur de travail, avec une feuille de 150 mm. Le fabricant annonce dix positions d’épaisseur et quatre formats associés à la gamme: lasagnes, fettuccine, tagliolini et spaghetti.
La version Roller à 65,50 € constitue l’entrée de gamme de la famille. L’Atlas+ 150 Chrome, à 99,90 €, vise davantage celui qui accorde de l’importance à la finition et à la présentation de l’objet. Dans le fonctionnement annoncé, l’écart entre les deux porte d’abord sur l’habillage, pas sur une transformation radicale du principe de laminage.
Le système accepte le moteur Pastadrive en option. Cette possibilité compte si l’on commence à la manivelle et que l’on souhaite réduire l’effort plus tard, sans remplacer tout le laminoir. Il faut toutefois vérifier le contenu exact du coffret et les accessoires fournis au moment de l’achat: les formats de découpe et les éléments de fixation peuvent varier selon les configurations commerciales.
Imperia iPasta Classic
L’iPasta Classic adopte un corps en acier chromé, six niveaux d’épaisseur et une feuille de 150 mm de large. Son accessoire Duplex comprend deux découpes annoncées pour les tagliatelles de 2 mm et les fettuccine de 6,5 mm. La pince de fixation au plan de travail et la trémie sont également fournies dans la configuration présentée.
Son prix observé est de 94 €. Le moteur PastaFacile, vendu séparément, peut se fixer directement sur le corps de la machine. Imperia met aussi en avant un service après-vente et la disponibilité de pièces de rechange sur le marché français. Ce sont des éléments moins visibles qu’un nombre de réglages, mais ils participent à l’intérêt d’un appareil mécanique destiné à rester dans la cuisine pendant longtemps.
La construction métallique ne dispense pas de précautions. Les surfaces chromées se marquent si l’on frotte avec un abrasif, et les résidus de pâte doivent être retirés sans les pousser dans les zones difficiles d’accès. Une machine robuste reste une machine qui a besoin d’être utilisée et rangée correctement.
| Critère | Marcato Atlas 150 | Imperia iPasta Classic |
|---|---|---|
| Type | Laminoir manuel | Laminoir manuel |
| Réglages d’épaisseur | 10 positions | 6 positions |
| Largeur de feuille | 150 mm | 150 mm |
| Formats de base annoncés | Lasagnes, fettuccine, tagliolini, spaghetti | Tagliatelles 2 mm, fettuccine 6,5 mm |
| Matériau | Aluminium anodisé | Acier chromé |
| Compatibilité moteur | Pastadrive, en option | PastaFacile, en option |
| Prix observé | 65,50 € pour le Roller; 99,90 € pour le Chrome | 94 € |
Ce que le tableau ne dit pas
La différence entre six et dix réglages existe sur le papier. Elle ne signifie pas que l’utilisateur emploiera systématiquement chaque position. Pour des pâtes fraîches préparées régulièrement à la maison, quelques épaisseurs couvrent déjà une grande partie des usages: une feuille fine pour les tagliatelles, une épaisseur intermédiaire pour les lasagnes, une pâte plus épaisse pour des formats rustiques comme les pappardelle.
Les crans intermédiaires deviennent utiles lorsque l’on cherche une texture précise ou que l’on adapte l’épaisseur à une farce. Une feuille destinée à des ravioli doit être assez fine pour rester agréable en bouche, mais suffisamment résistante pour ne pas se déchirer au façonnage. Pour des lasagnes, le réglage dépendra aussi du montage, de la sauce et de la cuisson. Les dix positions du Marcato donnent davantage de latitude; elles ne remplacent pas l’observation de la pâte.
Les formats inclus répondent à des logiques différentes. Marcato annonce quatre découpes dans cette gamme, tandis qu’Imperia met en avant un accessoire Duplex à deux formats. En contrepartie, l’iPasta Classic est présenté avec la pince de fixation et la trémie. Le prix de la machine ne raconte donc pas toute l’histoire: il faut comparer le contenu précis du coffret, les accessoires réellement nécessaires et les formats que l’on préparera effectivement.
La fixation au plan de travail mérite une attention particulière. Le laminoir doit rester stable lorsque la pâte devient plus ferme ou lorsqu’on la replie entre deux passages. Un plan trop étroit, une pince mal positionnée ou une table qui fléchit transforment une opération simple en lutte permanente. Dans une petite cuisine, la possibilité de sortir rapidement l’appareil compte presque autant que le nombre de réglages.
Le choix ne se fait pas sur le goût des pâtes: la recette, la farine et la cuisson jouent le premier rôle. Il se fait sur la fréquence d’usage, les formats souhaités et la tolérance au nettoyage à sec.
L’automatisation du laminage: le moteur comme alternative
Les deux laminoirs peuvent recevoir un moteur en option. Marcato propose le Pastadrive; Imperia commercialise le PastaFacile, alimenté en 230 V, avec un prix observé de 87 €.
Le moteur ne transforme pas le laminoir en robot multifonction. Il ne pétrit pas la pâte et ne choisit pas la bonne consistance à la place du cuisinier. Il automatise uniquement la rotation des rouleaux. Cette nuance est importante: on gagne en confort sur une étape répétitive, mais la préparation de la pâte et la gestion des feuilles restent manuelles.
Ce que le moteur change concrètement
La rotation devient régulière et l’utilisateur n’a plus besoin de coordonner la manivelle avec la main qui guide la pâte. Sur les feuilles longues, cette stabilité rend le travail plus confortable. Une vitesse manuelle irrégulière peut compliquer le passage d’une pâte déjà étirée; avec un moteur, le mouvement est plus constant.
Le gain dépend cependant de l’installation. Il faut toujours maintenir la machine, récupérer la feuille, la fariner si nécessaire et surveiller son épaisseur. Le moteur libère une main, pas toute l’attention. Pour une petite quantité de pâte, sortir et installer l’accessoire peut même sembler disproportionné. Pour plusieurs feuilles ou des pâtes longues, l’intérêt devient plus évident.
Le PastaFacile ajoute un mode intermittent destiné à la préparation de ravioli avec l’accessoire adapté. Le Pastadrive fonctionne en continu. Ces différences ne permettent pas de désigner un vainqueur universel: elles indiquent plutôt deux façons d’utiliser un laminoir motorisé, selon que l’on privilégie la continuité du mouvement ou la possibilité d’interrompre facilement la rotation.
Coût total du kit
Avec l’iPasta Classic à 94 € et le PastaFacile observé à 87 €, l’ensemble atteint 181 €, avant l’achat éventuel d’autres accessoires. Le prix exact du Pastadrive n’étant pas confirmé dans les mêmes conditions de consultation, il serait imprudent de présenter une comparaison chiffrée directe entre les deux kits.
Le raisonnement doit porter sur l’usage. Un moteur ajouté à un laminoir conserve la logique de la pâte étalée: le cuisinier pétrit, ajuste l’hydratation, choisit l’épaisseur et décide du moment où la feuille est assez régulière. Une extrudeuse, elle, prend en charge une partie plus importante du processus, mais demande une recette compatible avec son mécanisme.
Le laminoir motorisé convient donc à celui qui aime la pâte en feuille et veut réduire l’effort physique. Il ne s’adresse pas forcément à celui qui cherche le plus haut niveau d’automatisation. À l’inverse, si la préparation de la pâte est précisément ce que l’on souhaite éviter, le moteur d’un laminoir ne répondra qu’à une partie du problème.
Nettoyage du système motorisé
Le nettoyage reste proche de celui du laminoir manuel. Le corps et les rouleaux se traitent à sec, avec un chiffon ou une brosse douce. Le manuel officiel d’Imperia recommande de ne pas utiliser d’eau ni de détergent, notamment pour limiter le risque de corrosion des composants en acier.
Le moteur PastaFacile se retire du corps de la machine et ne demande pas le même entretien que les rouleaux. Il ne faut pas pour autant exposer son boîtier à l’humidité ou le considérer comme lavable. La bonne méthode consiste à nettoyer séparément les éléments mécaniques et le moteur, puis à ranger l’ensemble une fois les résidus retirés.
Extrusion automatique: la promesse de la Philips Série 7000
La Philips HR2665/96 n’est pas un laminoir. C’est une extrudeuse. La distinction est fondamentale et souvent mal comprise au moment de l’achat.
Laminoir: il prend une pâte déjà pétrie, l’étale en feuille et peut la découper. Le pétrissage est réalisé à la main ou avec un autre appareil.
Extrudeuse: elle mélange et pétrit les ingrédients dans sa cuve, puis pousse la pâte à travers un disque de forme. L’utilisateur verse la farine et le liquide; la machine gère ensuite le mélange et la sortie du pâton selon le programme choisi.
La Philips HR2665/96 embarque une balance intégrée et la technologie ProExtrude. Son moteur affiche 200 W et dix disques de formes sont inclus. L’appareil annonce jusqu’à huit portions ainsi qu’un temps de préparation inférieur à dix minutes, dans les conditions de mesure indiquées par le fabricant.
Cette promesse s’adresse à un utilisateur qui veut réduire les manipulations. Elle ne signifie pas que toutes les farines, toutes les hydratations et toutes les formes produiront le même résultat. L’extrusion impose une pâte suffisamment sèche et friable pour traverser correctement la chambre et le disque. Une pâte trop humide devient collante; une pâte trop sèche se désagrège ou sort difficilement.
Protocole d’utilisation: cinq règles à respecter
Philips encadre précisément le processus. S’écarter des consignes peut conduire à une pâte cassante, à une extrusion irrégulière ou à un appareil qui ne démarre pas.
1. Respecter la quantité de farine prévue. La machine fonctionne sur une plage comprise entre 200 g et 600 g par cycle. Ces limites correspondent au fonctionnement annoncé de l’extrudeuse et ne sont pas de simples recommandations facultatives.
2. Initialiser la balance avant d’ajouter la farine. L’écran doit afficher « 000 » afin que le calcul du liquide repose sur une mesure correcte.
3. Fermer correctement le couvercle. Le calcul automatique du liquide et le démarrage du programme dépendent de cette séquence.
4. Rechercher une pâte sèche et friable. Une pâte qui ressemble déjà à une boule souple de pâte à pain n’est pas nécessairement adaptée à l’extrusion.
5. Choisir une farine compatible avec les recommandations du fabricant. Une farine blanche courante ou une farine plus riche en protéines est plus prévisible qu’une farine complète ou à grain grossier.
Le choix du disque modifie également le résultat. Les formats fins et les formes plus épaisses ne réagissent pas de la même manière à la pression exercée par la vis. Il faut parfois accepter plusieurs essais avant de trouver la combinaison de farine, de liquide et de disque qui convient à sa cuisine.
Dimensions et encombrement
La Philips mesure 327 × 229 × 335 mm et pèse 6,93 kg. Ce volume est cohérent avec les fonctions intégrées, mais il change la relation à l’appareil. On ne la glisse pas facilement dans un tiroir entre deux usages. Il faut lui trouver une place sur le plan de travail ou prévoir un rangement suffisamment accessible pour éviter que chaque session ne commence par une opération de manutention.
Le poids peut aussi être un avantage pendant l’extrusion: une machine stable bouge moins lorsqu’elle travaille une pâte ferme. En revanche, il rend le déplacement moins spontané. Dans une petite cuisine, la question n’est donc pas seulement « ai-je la place de la poser? », mais aussi « ai-je envie de la déplacer à chaque utilisation? ».
Nettoyage de l’extrudeuse
Certaines pièces antiadhésives sont compatibles avec le lave-vaisselle, ce qui simplifie une partie de l’entretien. Le mécanisme d’extrusion, notamment la chambre de compression et la vis sans fin, doit toutefois être nettoyé manuellement. Les résidus peuvent sécher dans les zones étroites et devenir plus difficiles à retirer si l’on attend.
La balance intégrée, comme les autres éléments électroniques, ne doit pas être mise en contact avec l’eau. Il faut donc distinguer les pièces démontables et lavables du bloc qui contient le moteur, les commandes et les composants de pesée. Cette séparation demande un peu de méthode, surtout lors des premières utilisations.
Le nettoyage complet ne se résume pas au passage des pièces amovibles au lave-vaisselle. Il comprend le démontage, le retrait des restes de pâte, le nettoyage de la vis et de la chambre, puis le séchage et le rangement. La durée varie selon la quantité préparée, le type de pâte et le moment où l’on intervient. Une pâte retirée alors qu’elle est encore fraîche ne se comporte pas comme une pâte laissée à sécher dans le mécanisme.
Le chiffre « moins de dix minutes »: lecture critique
Il s’agit d’une promesse fabricant mesurée dans des conditions spécifiques. Le temps annoncé couvre le pétrissage et l’extrusion selon le protocole retenu, mais il ne décrit pas nécessairement toute la session en cuisine: pesée des ingrédients, choix du disque, préparation de l’espace de travail, récupération des pâtes et nettoyage ne disparaissent pas.
Le gain de l’extrudeuse se situe donc moins dans une durée universelle que dans la répartition de l’effort. Elle supprime le pétrissage manuel, calcule la quantité de liquide à partir de la pesée et évite la manivelle. En revanche, elle demande de respecter une formulation plus stricte et de prendre le temps de nettoyer le mécanisme.
L’extrudeuse automatique supprime le pétrissage et le geste de manivelle. En échange, elle impose un appareil plus volumineux, des proportions mesurées et un entretien qui reste en partie manuel.
Entretien et durabilité: les bons réflexes pour vos ustensiles
Le prix d’achat est facile à comparer. Le comportement de l’appareil après plusieurs utilisations l’est beaucoup moins. Dans cette catégorie, la durabilité dépend de la construction, mais aussi de gestes très simples: ne pas laver ce qui ne doit pas l’être, ne pas forcer sur une pâte trop humide et ranger les accessoires sans les laisser s’encrasser.
Laminoirs manuels: la mécanique avant tout
Pour Marcato comme pour Imperia, le nettoyage s’effectue à sec. Un chiffon, une brosse douce et un peu de patience suffisent généralement à retirer la farine et les fragments de pâte. L’eau, le détergent et le lave-vaisselle sont à proscrire selon les recommandations du fabricant, en particulier pour éviter l’humidité sur les pièces métalliques.
Il ne faut pas chercher à démonter systématiquement les rouleaux pour atteindre chaque recoin. Une pâte sèche se retire souvent plus facilement après quelques instants de repos, avec une brosse adaptée. À l’inverse, l’eau peut transformer les résidus en pâte collante et les pousser davantage dans les interstices.
Les fabricants communiquent sur leur histoire industrielle, la fabrication de leurs machines et la disponibilité de pièces de rechange. Ces informations sont utiles pour évaluer la possibilité d’entretenir l’appareil dans le temps, mais elles ne constituent pas une durée de vie garantie. La longévité réelle dépendra de la fréquence d’utilisation, de la manière de fixer le laminoir, de la force appliquée et du stockage.
Un laminoir manuel ne comporte pas de moteur ni de balance électronique. Cette architecture limite le nombre de composants susceptibles de tomber en panne, sans rendre l’appareil indestructible. Une manivelle malmenée, une pince forcée ou des rouleaux utilisés avec une pâte trop humide peuvent tout de même dégrader le fonctionnement.
Extrudeuse Philips: davantage de pièces, davantage de méthode
La Philips réunit un moteur, une balance, une cuve, une vis d’extrusion et plusieurs disques. La machine offre plus de fonctions qu’un laminoir, mais son entretien est par conséquent plus segmenté. Certaines pièces passent au lave-vaisselle, d’autres doivent être nettoyées à la main et le bloc motorisé doit rester à l’écart de l’eau.
Il est préférable de retirer les résidus avant qu’ils ne sèchent complètement. La pâte extrudée peut se loger autour de la vis et dans les disques, particulièrement lorsque la préparation est trop humide. Une petite brosse ou l’outil prévu à cet effet est plus adapté qu’un couteau ou qu’un objet métallique qui risquerait d’abîmer les surfaces.
Les pièces plastiques, les joints et les éléments de mesure sont des pièces d’usure potentielles, mais leur durée de service ne peut pas être déduite d’une fiche technique. Il faut donc éviter de transformer la présence de composants électroniques en pronostic précis sur la durée de vie. La bonne question est plutôt celle de la maintenance disponible: accessoires remplaçables, service après-vente et possibilité de retrouver les pièces nécessaires.
La capacité réelle n’est pas seulement celle de la cuve
Le laminoir manuel ne fixe pas de quantité de farine par cycle de la même manière qu’une extrudeuse. Sa limite se trouve dans l’organisation du travail: il faut pétrir, diviser la pâte, l’étaler, la découper puis faire sécher ou cuire les pâtes. La production dépend donc de l’endurance de la personne et de l’espace disponible pour déposer les feuilles.
Pour une grande quantité destinée à la congélation, cette souplesse peut être précieuse. On peut préparer la pâte par lots, laisser reposer une partie pendant qu’une autre est laminée et adapter le format en cours de route. Cela demande de la place et du temps de manipulation, mais pas de programme imposant un volume précis.
L’extrudeuse Philips encadre chaque cycle entre 200 g et 600 g de farine. Au-delà de la limite annoncée, il faut répartir la préparation sur plusieurs cycles. Cette organisation peut convenir à une famille qui prépare quelques portions à la fois, mais elle devient moins simple lorsque l’on souhaite produire beaucoup de pâtes en une seule session.
La capacité annoncée ne dit pas tout non plus. Il faut compter le temps de mise en place, la place nécessaire pour les pâtes fraîchement extrudées ou découpées, et la possibilité de nettoyer entre deux préparations. Un appareil qui accepte une quantité importante n’est pas automatiquement plus pratique si la cuisine ne permet pas de stocker les pâtes au fur et à mesure.
Choisir selon son usage: entre tradition et gain de temps
Trois profils se dégagent, sans verdict universel. La meilleure machine à pâtes manuelle n’est pas forcément le meilleur choix pour celui qui veut déléguer le pétrissage. De la même façon, une extrudeuse ne remplace pas le plaisir ni la précision d’un laminoir lorsqu’on aime travailler les feuilles et les ravioli.
Usage hebdomadaire, un ou deux formats, budget d’entrée contenu. Le Marcato Atlas 150 Roller à 65,50 € constitue une porte d’entrée cohérente. Ses dix positions d’épaisseur et les formats annoncés par la gamme permettent d’explorer plusieurs préparations sans passer immédiatement au motorisé. La version Chrome à 99,90 € apporte surtout une finition différente dans la configuration présentée; il faut choisir selon l’importance accordée à cet aspect et selon les accessoires du coffret.
Usage régulier, variété de formats et envie de réduire l’effort. L’Imperia iPasta Classic à 94 €, complétée éventuellement par le PastaFacile observé à 87 €, propose une évolution progressive. On peut commencer avec la manivelle, puis ajouter le moteur si la répétition du geste devient pénible. L’accessoire Duplex inclus élargit les possibilités dès le départ, tandis que la recette et l’épaisseur restent sous le contrôle du cuisinier.
Usage ponctuel, refus du pétrissage et volumes modérés. La Philips HR2665/96 prend en charge le mélange, le pétrissage et l’extrusion. Elle s’adresse à celui qui veut préparer des pâtes sans installer un robot pâtissier ni manipuler une manivelle. En contrepartie, il faut accepter les limites de la plage de farine, la consistance sèche de la pâte, le choix des disques et l’encombrement de l’appareil.
Les critères qui comptent vraiment en cuisine
Pour choisir sa machine à pâtes, il est plus utile de partir de ses habitudes que de comparer uniquement les fiches techniques:
- Les formats préparés. Un laminoir est naturellement adapté aux lasagnes, tagliatelles, fettuccine et autres pâtes en feuille. Une extrudeuse ouvre une autre famille de formes grâce à ses disques.
- La place disponible. Un appareil qui reste accessible sera plus souvent utilisé qu’un appareil lourd rangé au fond d’un placard.
- Le rapport au geste. Certains apprécient de sentir la pâte s’affiner à chaque passage; d’autres souhaitent surtout éviter une étape répétitive.
- La maîtrise de la recette. Le laminoir laisse modifier l’hydratation et la texture en cours de préparation. L’extrudeuse fonctionne mieux lorsque l’on suit précisément les proportions prévues.
- La quantité produite. Pour quelques portions, l’extrudeuse peut limiter les manipulations. Pour des lots plus importants ou des formats variés, le laminoir offre davantage de liberté d’organisation.
- Le nettoyage accepté. Aucun des trois appareils n’est totalement dispensé d’entretien. Le laminoir se nettoie à sec; l’extrudeuse comporte davantage de pièces et demande un démontage plus méthodique.
- L’évolution souhaitée. Un laminoir compatible avec un moteur permet de commencer simplement et d’ajouter du confort plus tard, si les accessoires nécessaires sont disponibles dans la configuration choisie.
Une comparaison économique à manier avec prudence
Le prix d’achat favorise clairement le laminoir manuel dans les configurations observées. Mais ce montant ne suffit pas à calculer le coût réel d’une session. Il faut prendre en compte les accessoires, le moteur éventuel, la place de rangement, le temps consacré au pétrissage et la fréquence à laquelle la machine sera réellement utilisée.
Une machine peu chère qui reste dans son carton ne constitue pas une bonne affaire. À l’inverse, un appareil plus coûteux peut trouver sa justification si la suppression du pétrissage ou de la manivelle lève un frein concret. Il est aussi impossible de présenter une durée de vie précise pour opposer mécaniquement les trois modèles: les données disponibles ne permettent pas d’établir un tel comparatif dans des conditions fiables.
Le laminoir manuel conserve une architecture simple et une grande liberté de préparation. Il demande davantage de gestes, mais il accompagne aussi bien une petite fournée qu’une production organisée en plusieurs étapes. Le modèle motorisé ajoute du confort sans modifier cette logique. L’extrudeuse Philips automatise davantage la préparation, au prix d’un appareil plus encombrant et d’un cadre d’utilisation plus strict.
Pour une première machine à pâtes fraîches maison, le choix le plus raisonnable consiste donc à décider quelle étape l’on veut réellement automatiser. Si c’est le laminage, un Marcato ou un Imperia, éventuellement motorisé, reste cohérent. Si c’est le pétrissage et la mise en forme, la Philips Série 7000 répond à une autre attente. Dans les deux cas, la réussite dépendra moins du nombre affiché sur la fiche technique que de l’adéquation entre l’outil, la recette et les habitudes de la cuisine.