Le Food Market à Belleville : retour sur une 100e édition entre tradition et renouveau
Le rassemblement, présenté par le Food Market comme « emblématique de la street food parisienne », a livré son lot habituel de restaurateurs indépendants et de stands éphémères.

Le Food Market boucle ses 100 rendez-vous: verdict du comptoir
Cent éditions, ça se fête ou ça se déconstruit? Le 10 septembre 2026, le boulevard de Belleville a accueilli la 100e session du Food Market, d'après les informations communiquées par l'organisation elle-même. Cent jeudis soirs à aligner les camions, les pop-ups et les files qui s'étirent jusqu'au métro Couronnes. Pour le quidam, c'est un pèlerinage; pour le critique de terrain, c'est un ring à arpenter avec les tripes et un crayon aiguisé.
Sur le bitume: ce qu'on a vraiment croisé
À l'affiche annoncée: créations inédites de tacos, burgers et kebabs artisanaux. Sur le papier, la promesse tient debout — artisanal, indé, « inédit ». Dans l'assiette, le test est plus rude. Mais pour cette 100e, on devait au moins goûter ce que la jeune garde bellévilloise balance en one-shot.
Quelques notes de comptoir. La mise en place reste solide, les stands montent vite, le jus est souvent au rendez-vous. Côté mâche, les tacos oscillent entre le très bon (maïs nixtamalisé, coup de feu maîtrisé, umami bien senti) et le franchement trop cuit — la tortilla qui croque, personne n'aime ça. Les burgers artisanaux jouent la carte du smash et du moelleux: classique mais efficace, rien à reprocher. Les kebabs, eux, se permettent quelques audaces — sauce maison, pain travaillé, viande tranchée minute. Pas de révolution, mais de quoi justifier le détour pour qui traîne dans le 11e ou le 20e un jeudi soir.
Faut-il encore y aller?
Le Food Market reste un thermomètre fiable de ce qui pousse dans la street food parisienne. Pour les pros et les fins gourmets, c'est un baromètre à suivre édition après édition. Pour les autres, c'est une sortie qui se mérite: file d'attente, météo capricieuse, addition parfois salée pour du « éphémère ». À la 100e, on salue la régularité — pas la hype. On reste à l'affût de la prochaine session pour voir si le niveau tient ou si la routine s'installe. Verdict provisoire: ça tient, mais ça gagnerait à monter d'un cran. On n'en demande pas moins à Belleville.