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DKR : l'adresse panafricaine qui bouscule la street food à Bastille

Selon Grazia, les frères Djikine remettent le couvert à Paris avec DKR, une adresse de street food panafricaine ouverte au printemps, à deux pas de Bastille.

DKR : l'adresse panafricaine qui bouscule la street food à Bastille

Après BMK Paris-Bamako et BMK Folie-Bamako, le duo pousse le curseur plus loin: pas un décor « afro » plaqué à la va-vite, mais une carte qui voyage de l’Afrique de l’Ouest aux Antilles. Voilà le genre d’ouverture qui mérite qu’on lâche le sempiternel smash burger, au moins le temps d’un coup de feu.

DKR ne joue pas la carte du drapeau unique

Le nom renvoie à Dakar, mais DKR ne se cantonne pas au Sénégal. C’est précisément le point qui m’intéresse: l’adresse revendique des cuisines afrodescendantes dans leur diversité, avec l’Afrique de l’Ouest comme socle et des détours assumés vers d’autres territoires.

Aux commandes du menu, les frères Abdoulaye et Fousseyni Djikine ont travaillé avec le chef Diadié Diombana, connu sous le nom de Freddyskitchen. Sur le papier, ça donne du mafé chargé en épices, un yassa réveillé par la mangue, du pikliz haïtien — ce condiment de légumes picklés qui apporte le nerf — et du widjila du Nord-Mali. Ce dernier, avec sa sauce tomate mijotée aux dattes et aux épices douces, est probablement le test le plus parlant: si la sauce a du jus, de la longueur et pas juste du sucre, DKR tient quelque chose.

Le poulet frit, terrain d’essai sans pitié

Évidemment, il y a du poulet frit. Mais le sujet n’est jamais seulement la panure: c’est le croustillant, la tenue après quelques minutes, la mâche de la viande et, surtout, la sauce. DKR annonce notamment une BBQ-arachide maison, servie avec des kéléwélés, ces bananes plantains frites et épicées à la ghanéenne.

C’est là que la mise en place devra parler. Une sauce arachide peut vite devenir lourde comme un lundi matin; les plantains peuvent basculer dans le gras mou ou la surcuisson. Bien exécuté, en revanche, le duo peut envoyer du caramel, du piment, du fumé et ce gras généreux qui appelle une bouchée de plus. Pas besoin de poudre aux yeux: il faut du relief.

Ce qu’il faut commander et surveiller

Pour une première commande, je ferais simple: un plat sauce — mafé, yassa ou widjila — puis le poulet frit avec kéléwélés pour mesurer la précision de la cuisine sur deux registres très différents. Ensuite, passage obligé par le sucré: DKR propose un ngalakh revisité avec pâte à tartiner, ainsi qu’un cookie au praliné cacahuète. L’idée est gourmande; reste à vérifier que le dessert conserve l’équilibre et ne termine pas la course en sprint de sucre.

Grazia évoque du fait maison, des portions généreuses et des prix abordables. Très bien. Mais le vrai verdict se jouera dans l’assiette: intensité des épices, fraîcheur des condiments, sauces qui ne noient pas tout. Paris ne manque pas de concepts colorés; les adresses qui gardent de l’umami et du caractère jusqu’à la dernière bouchée, beaucoup moins.